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Ce premier petit déjeuner fut pour nous l'occasion de déguster nos premières crèpes marocaines et du pain du pays. Accompagnés de beurre et de confiture, d'un verre de jus d'orange fraichement pressé et d'une grande tasse de café, nous nous sentimes bientôt d'attaque pour cette journée dédiée à la découverte de la ville.
Sitôt ce repas terminé, un guide et un chauffeur nous entrainèrent dans les méandres de la médina pour rejoindre notre premier point de visite, le palais El Badi. De l'extérieur, rien de laisse présager que, derrière les hauts murs qui bordent la petite place, se cachent les vestiges de l'une des fastueuses résidences qui fit l'histoire de Marrakech.
Du palais El Badi, il ne reste plus grand chose à part les pierres des hautes murailles devenues aujourd'hui le repère des cigognes. Mais lorsque l'on pénètre dans l'édifice et que l'on se retrouve dans cette immense esplanade creusée de jardins plantés d'orangers et de quelques oliviers, lorsque l'on se promène devant les emplacements des fontaines qui coulaient à l'époque à profusion, on n'a aucun mal à se représenter le luxe et la magnificence de ce qu'avait dû être ce palais en son temps.
C'est pour célébrer la victoire sur les portugais en 1578 lors de la Bataille des Trois Rois, que le sultan saadien Ahmed al Mansur Dahbi ordonna sa construction, s'inspirant de l'Alhambra de Grenade. Afin de décorer les 360 pièces de ce complexe princier, il fit venir du monde entier les matériaux les plus riches et les plus nobles. Sa contruction dura de 1578 à 1603 mais le sultan, qui est décédé avant la fin des travaux, avait quand même organisé de magnifiques festivités bien avant son achèvement. La légende raconte que lors de l'une de ces fêtes, il demanda à l'un de ses bouffons ce qu'il pensait de son palais. Celui-ci lui aurait alors répondu que lorsqu'il serait démoli il ferait un bien beau tas de pierre. Facétie ou prophétie, quoi qu'il en soit, quelques années plus tard, le sultan alaouite Moulay Ismaïl entreprit le pillage du palais pour lancer la construction de la ville impériale de Meknès. Toutes les richesses, bois, soiries, marbre, ors, ... furent arrachées aux murs d'El Badi pour être convoyées vers leur nouvelle destination.
Aujourd'hui il ne subsiste du faste passé de l'endroit qu'une petite fontaine ébréchée en marbre blanc de Carrare et, peut être aussi, ce que l'imagination des visiteurs veut bien faire renaitre des vieux cailloux usés.